Dossier ergonomie

En France, en 2006, 32 500 troubles musculo-squelettiques (TMS) ont été indemnisés (source CPAM).

L'augmentation des troubles musculo-squelettiques rend aujourd’hui indispensable leur prévention en milieu professionnel.
Si les multiples facteurs à l'origine des TMS rendent complexes la mise en oeuvre de démarches préventives efficaces, il existe néanmoins des solutions de prévention applicables dans chaque structure.

Malgré le développement de l’information sur ce thème, les déclarations de ces pathologies demeurent en nombre insuffisant. La vision statistique au sein des collectivités et établissements reste donc partielle à l’heure actuelle.

Dans ce contexte, Sofaxis proposent une démarche novatrice fondée sur :

  • une analyse ergonomique d’activité réelle,
  • une méthodologie cadrée, accompagnée d’outils de gestion de facteurs de risques.

L’objectif : aider les collectivités et établissements à maintenir une dynamique d’amélioration sur le moyen et long termes.

Qu’appelle-t-on ergonomie ?

L’ergonomie est définie comme « l'étude scientifique de la relation entre l'homme et ses moyens, méthodes et milieux de travail » . Elle prend en compte l’ensemble des éléments constituant la situation de travail, en intégrant la totalité des facteurs de risques de troubles musculo-squelettiques.

Une démarche ergonomique consiste à analyser les besoins, attentes, limites et capacités des usagers lors de démarches de conception ou de re-conception des postes de travail. L’objectif étant de préserver la santé des utilisateurs et d’améliorer la sécurité, l’efficacité et le confort des situations de travail.

Que désignent les TMS ?

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) désignent l’ensemble des affections de l’appareil locomoteur attribuables au travail. Sous ce terme, on retrouve une quinzaine de pathologies. Les tendinites de l’épaule, les épicondylites (coude), le syndrome du canal carpien (poignet) et les lombalgies (dos) sont les plus courantes.

Ces affections, localisées autour des articulations, résultent d’une sur-sollicitation de la mécanique humaine par frottement ou par dépassement du seuil de résistance mécanique et physiologique.
Cette réaction entraîne une altération des muscles, des tendons, des nerfs et/ou des tissus osseux.
Si l’on mobilise de façon excessive les articulations sans leur laisser un temps de repos suffisant pour se régénérer, les tissus se dégradent. Intervient alors un phénomène d’usure prématurée de la mécanique humaine.

La complexité de ces troubles est d’autant plus grande que leur origine est multi-factorielle.
Aux facteurs biomécaniques (postures, charge physique) et environnementaux (chaleur, luminosité, bruit…) s’ajoutent des facteurs psychosociaux (stress, motivation, soutien), organisationnels (objectifs de production, marges de manœuvre réduites) ou de sensibilité individuelle.

Repères chiffrés

Depuis 10 ans, les TMS progressent de 20 % par an.
Elles sont reconnues aux tableaux des maladies professionnelles n° 57, 69, 79, 97 et 98 émis par la Caisse d’assurance maladie. Ces tableaux servent également de base de référence pour les régimes spéciaux de la Fonction publique.

En 2007, la CPAM a relevé 43 544 maladies professionnelles, dont 33 996 troubles musculo-squelettiques, soit 78 %. Ces pathologies représentent un coût de 732 247 259 d’euros.

Au sein des collectivités territoriales et hospitalières, les mêmes chiffres sont constatés, avec une proportion d’environ 80 % de TMS parmi les maladies professionnelles (source Sofaxis).

De par les origines multiples des TMS, un projet de prévention doit être mis en place en respectant 3 principes essentiels, qu’il soit :

  • global, pour s’assurer que la collectivité ait une vision complète de l’exposition au risque au sein de ses locaux ;
  • pluridisciplinaire, pour intégrer différents intervenants et prendre en compte tous les facteurs à risques (physiologiques, psychologiques, organisationnels et techniques) ;
  • participatif, pour faire des agents les premiers acteurs de l’amélioration de leurs conditions de travail.

Le code du Travail (art. L. 4121-2) propose 9 principes généraux relatifs à la mise en place d’une démarche de prévention.
Ils sont édités dans un ordre précis permettant de donner toute son efficacité à la démarche :

  • Éviter les risques ;
  • Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ;
  • Combattre les risques à la source ;
  • Adapter le travail à l’homme ;
  • Tenir compte de l’état d’évolution de la technique ;
  • Remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas ou par ce qui l’est moins ;
  • Planifier la prévention ;
  • Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ;
  • Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

A noter : le reclassement ou le réaménagement des postes sont des éléments à intégrer au projet pour les agents souffrant déjà de TMS.

La démarche ergonomique s’appuie sur une méthode dite « boucle d’amélioration continue », définissant les étapes à respecter pour assurer la progression et la pérennité de la démarche.

Préparer

Informer, mobiliser, planifier, prioriser

Cette première étape consiste à :

  • Préciser les rôles de chacun pour un investissement commun.
  • Définir des objectifs simples, mesurables, acceptables, réalistes (SMART), à une échéance donnée. Par exemple, un objectif peut être de réduire de 50 % le risque TMS identifié sur 3 postes critiques d’ici 1 an.
  • S’assurer de la bonne diffusion des informations tout au long du projet.

Définir les intervenants et leurs rôles respectifs

Le groupe de pilotage

Ce groupe, au rôle décisionnel, valide les étapes du projet ainsi que les actions d’amélioration proposées par le groupe de travail. Il prend en compte les résultats des analyses de postes pour décider des actions prioritaires. Ces décisions peuvent être intégrées au programme de prévention ou à un plan d’actions indépendant.

Il est sollicité tout au long de la démarche (au début, à toutes les étapes et à la fin).

Sa mission est également d’informer et de mobiliser l’ensemble des acteurs de la collectivité. Pour cela il décide du plan de communication à mettre en place : les étapes majeures de la démarche seront mises en valeur et donneront lieu à des réunions, affiches, notes d’information, transmission de rapports, etc.

Le groupe de pilotage est composé de la direction, du pilote du projet, des encadrants concernés, du médecin du travail, de membres du CHS ou CHSCT, d’experts et d’intervenants extérieurs si besoin.

Le ou les groupes de travail

Le groupe de travail a un rôle opérationnel et technique. Deux missions lui sont attribuées :

  • réaliser les analyses de postes afin d’identifier les activités à risque de TMS,
  • définir les améliorations susceptibles de réduire le risque et les soumettre au groupe de pilotage.

Ce groupe décide des critères pertinents pour « prioriser » les propositions afin de faciliter la prise de décision (par exemple : temps de mise en place, coût, nouvelles contraintes sur l’organisation ou l’activité, etc.).
Le groupe de travail est composé des agents des services concernés, d’agents de services « supports », de référents – animateurs, ou du chef de projet lui-même en fonction de l’organisation.

Le groupe de projet intermédiaire (en fonction de la taille du projet)

Si les groupes de travail sont trop nombreux, la mise en place d’un groupe projet intermédiaire est nécessaire.
Ses missions sont de :

  • garantir la cohérence des résultats des différentes analyses,
  • assurer un rôle de référent sur la méthode employée,
  • fournir les outils nécessaires au développement de la démarche (grilles d’analyse, critères de priorisation, aide à la créativité…).
  • maintenir la communication entre le groupe de pilotage et les groupes de travail, et, dans certains cas, mettre en œuvre le plan de communication.

Le groupe de projet intermédiaire est composé du chef de projet et des référents terrain (ACMO ou autres).

Assurer la diffusion de l’information 

Lors de cette première étape, un plan de communication doit être déployé afin d’assurer l’implication de tous les acteurs :

  • Au démarrage du projet : sensibiliser les décideurs, les acteurs de la prévention et diffuser une information sur le « risque TMS », via un support de communication touchant l’ensemble des agents (exemple : le journal interne de la collectivité, la lettre d’information).
  • Ajouter un point d’information lors des réunions de service sera un atout pour assurer la dynamique du projet.
  • A la mise en place des groupes de travail : former les intervenants aux méthodes d’analyse et informer les services concernés par des réunions d’information.
  • A la mise en œuvre d’actions de résolution : intégrer des points d’avancement du projet lors des réunions de service (faits marquants, actions réalisées).
  • A l’issue de l’étape de préparation : communication générale à l’ensemble du personnel avec des supports écrits (journal de la collectivité, tableau d’information…) et oraux avec une synthèse du déroulement du projet et des résultats probants.

Diagnostiquer

Analyser les risques

La phase de diagnostic consiste à identifier, analyser et mesurer les risques liés à l’activité physique sur les postes de travail, en intégrant tous les facteurs de « risque TMS ».

Si les facteurs biomécaniques sont les plus visibles dans l’activité, il est indispensable de prendre en compte les facteurs psychosociaux et organisationnels pour agir sur les causes profondes des situations à risque.

Il existe des outils de dépistage recensant les grandes familles de « déterminants » :

  • Méthodes de questionnement : ITAMAMI (Individu, Tache, Matériel et Milieu) et THEO (Technique, Humain, Environnement, Organisation) ;
  • Grilles d’analyse de poste : recensent les déterminants physiques (postures contraignantes, répétition…), organisationnels (marges de manœuvre limitées…), environnementaux (lumière, bruit, température…) et psychosociaux (stress, climat social…).

Ces outils proposent une cotation de chaque poste pour le « risque TMS ». Une hiérarchisation des actions peut ainsi être effectuée par la suite.

Lors de cette analyse l’agent complète l’observation par ses explications et ses connaissances du métier.

Transformer

Mettre en place les actions d'amélioration

Suite au diagnostic, une phase de recherche d’actions d’amélioration est mise en œuvre.

Le ou les groupes de travail mènent une réflexion sur :

  • les pistes d’améliorations visant la réduction des risques liés à l’activité physique, sur chaque poste de travail ;
  • des propositions détaillées en termes de délais, moyens à mettre en œuvre, responsables, etc.

Ces propositions sont validées par le groupe de pilotage, afin de constituer un plan d’actions détaillé.

Ces actions peuvent être, par exemple :

  • un aménagement de poste ;
  • l’acquisition d’outils d’aide à la manutention ;
  • la révision de l’organisation ;
  • des formations aux gestes et postures…

Evaluer

Vérifier l'efficacité des actions mises en place

Toutes les actions mises en place doivent être évaluées afin de mettre en évidence l’impact sur les risques TMS.

Si les actions engagées semblent insuffisantes, plusieurs pistes peuvent être étudiées :

  • lancer une nouvelle recherche de solution avec de nouvelles méthodes d’animations ;
  • changer les règles de fonctionnement du groupe pour impulser une nouvelle dynamique ;
  • approfondir l’analyse par une expertise ;
  • faire appel à des compétences spécifiques pour donner de nouvelles perspectives d’amélioration.

Si l’atténuation du risque est satisfaisante en fonction des objectifs définis, la démarche se poursuit par le suivi et l’évaluation des autres actions envisagées.

Une fois les premiers postes étudiés, la démarche est étendue aux autres postes. Une mise à jour régulière est planifiée.