Dossier diagnostic ergonomie

Avec pour objectif de prévenir les risques professionnels, l’ergonomie intervient pour adapter le travail à l’homme en s’intéressant à l’activité réelle des agents. Des différences entre l’activité prescrite et l’activité réelle peuvent être la conséquence de difficultés rencontrées au niveau des conditions de travail, qu’elles soient individuelles, organisationnelles, techniques ou matérielles.
La recherche des déterminants de l’activité permet de rechercher et mettre en valeur les facteurs de risques d’accidents du travail ou les maladies professionnelles. Les maladies professionnelles telles que les troubles musculo-squelettiques sont en constante augmentation et leur délai de prise en charge joue un rôle dans l’évolution du handicap. Les origines de ces pathologies sont plurifactorielles et ont des interactions avec d’autres problématiques de santé au travail (risques psychosociaux, pénibilité). Différents facteurs de risques peuvent être dénombrés :

  • stress,
  • vibrations,
  • froid,
  • activités répétitives,
  • hyper sollicitation de l’appareil locomoteur,
  • manutention manuelle,
  • postures de travail,
  • conception des locaux,
  • organisation du travail et gestion du temps.

Différentes réponses sont possibles en fonction de la pathologie et de son délai de prise en charge :

Une étude de poste a plusieurs objectifs :

  • Rechercher des facteurs de risques professionnels avant l’apparition d’accidents du travail ou de maladies professionnelles.
    Par la compréhension de l’activité, des risques sont repérés et des actions de prévention sont recherchées. Ces éléments sont à intégrer au document unique d’évaluation des risques professionnels, ce qui s’inscrit dans une démarche de prévention primaire.
    L’enjeu de cette phase est d’éviter l’apparition de risques ou de limiter l’exposition à des situations dangereuses.
  • Maintenir dans l’emploi les agents ayant des restrictions médicales.
    Lorsque la prise en compte et la diminution des risques ne sont pas efficaces, des pathologies professionnelles apparaissent.
    Suite à la visite médicale avec le service de médecine préventive, il est possible qu’un agent soit restreint sur ses aptitudes, ce qui va nécessiter un aménagement de son poste de travail.
    L’étude de poste va permettre de faire un état des lieux de la situation existante et d’aménager le poste et l’environnement de travail de l’agent en fonction de ces restrictions. Cela participe à la prévention secondaire.
  • Favoriser le recrutement des agents handicapés dans le cadre de la loi du 10 Juillet 1987.
    Dans le cadre des programmes de maintien dans l’emploi, l’analyse de la situation de l’agent et de son futur poste de travail est une étape essentielle pour éviter l’aggravation de la pathologie et permettre une accessibilité.

Une part de l’activité de nos ergonomes porte sur la conception et l’aménagement spatial des locaux, permettant une étude organisationnelle et technique des espaces de travail avant la construction ou la réhabilitation de bâtiments.
Nous développons également l’activité de métrologie au sein de nos équipes afin de compléter nos études de postes de données factuelles. Cette partie est un complément des démarches terrains (observation et/ou entretien) par le moyen des mesures suivantes :

  • ambiances sonores sur une période donnée permettant de préciser la recherche d’actions de prévention,
  • ambiances lumineuses,
  • cardiofréquencemétrie (mesure de l’activité cardiaque selon la difficulté des tâches),
  • manutention manuelle,
  • mesures de températures,
  • calcul des espaces.

Ces outils vont objectiver les données et permettre de faciliter la prise de décision aussi bien pour les acteurs de la prévention que pour ceux des collectivités territoriales et établissements hospitaliers. Les résultats des mesures permettent de plus une comparaison des conditions de travail par rapport aux exigences de la réglementation et constituent un recueil de données en termes de coûts directs ou indirects.

Les objectifs principaux des prestations ergonomiques sont la mise en conformité ou l’amélioration des conditions de travail, ou l’augmentation de l’efficience, de la sécurité et du confort de l’agent. Pour atteindre ces objectifs, il faut :

  • diminuer l’absentéisme au travail,
  • éviter l’apparition de facteurs de risques professionnels,
  • favoriser le maintien ou le retour à l’emploi.

Le maintien dans l’emploi des agents handicapés fait partie prenante de l’activité de notre pôle santé au travail.

A partir d’une analyse de la demande, notre consultant santé au travail étudie la faisabilité du projet et identifie les besoins de la structure au regard des problématiques rencontrées (ex : un absentéisme important dans un service, la recrudescence de maladies professionnelles ou d’accidents du travail, etc.). Cette analyse permet au consultant de structurer et d’organiser son intervention.

Les interventions ergonomiques permettent d’identifier les ressources et les contraintes trouvées au cours de l’activité de travail. L’ergonome est ainsi en mesure d’agir sur les marges de manœuvre (organisationnelles, matérielles, techniques…) décelées.
Il adapte ensuite son analyse en fonction de l’instant de la demande (étude préventive ou curative). C’est seulement à l’issue de cette étape qu’il émettra des axes d’amélioration aux clients.

Les observations sur le terrain sont réalisées de sorte à ne pas déranger les agents dans leur travail et à ne pas perturber le fonctionnement des services. Ces phases d’observation sont planifiées en lien avec l’organisation réelle des activités (horaires de préparation, vacances scolaires…) et en accord avec la direction. L’ergonome observe les agents durant les activités de travail et utilise différents outils permettant d’analyser l’activité :

  • prise de notes,
  • prise de séquences vidéos et photos (avec accord préalable du ou des agents),
  • entretiens informels pour échanger avec les agents sur leur ressenti par rapport à leur activité et identifier les éléments non observables.

Découpage temporel d'un diagnostic ergonomie :

Les études de poste sont établies dans des diagnostics ergonomiques et des projets de prévention :

  • risques psychosociaux (phase d’observation terrain pour l’analyse des conditions de travail),
  • audits organisationnels (phase d’aménagement des situations/postes de travail pour favoriser le changement organisationnel),
  • démarches pénibilité (phase d’observation terrain et recherche d’actions de prévention pour palier la dépense physique et énergétique),
  • mise en œuvre du plan d’actions d’un document unique (précision et diminution des risques significatifs).

Quelques exemples :

  • Études ergonomiques par le moyen de la métrologie sur des problématiques d’open-space, de salles d’enregistrement audio et de caractérisation de l’activité physique (agents d’entretien).
  • Élaboration d’aménagements pour diminuer l’exposition professionnelle au bruit dans des locaux de faibles espaces.
  • Études de poste pour le personnel de crèche (auxiliaire de puériculture, agent d’office, agent d’entretien, CAP petite enfance, éducateur jeune enfant).
  • Étude de poste et propositions d’aménagements pour des centres de traitement des alertes dans les services départementaux d’incendie et de secours, afin de diminuer les problématiques de perturbation de la communication et développer la gestion de crise.